La « démocratie » version Erdogan se met en place …

Le titre du Figaro :

Turquie: la purge s’étend aux médias et aux journalistes

300 employés de l’audiovisuelle publique ont été licencié, près de 90 journalistes sont en garde à vue, une vingtaine est en détention, tandis qu’une centaine de médias a disparu, accusée d’avoir des liens avec le mouvement de l’imam Fethullah Gülen.

Dans la soirée de mercredi, à la faveur d’un décret-loi pris sous le régime d’état d’urgence, 102 médias ont disparu en Turquie: 45 journaux, 23 radios et 16 télévisions, trois agences de presse et 15 magazines.

Une partie de ces titres jouissaient d’une audience nationale, tels le quotidien Zaman (fondé en 1986), la chaîne Samanyolu (1993) ou l’agence Cihan (1994). Tous ont un point commun: leurs liens supposés ou de notoriété publique (dans le cas deZaman, entre autres) avec le mouvement de l’imam Fethullah Gülen, que le pouvoir accuse d’avoir ourdi le coup d’État manqué.

La plupart de ces titres n’existaient plus que de nom. Engagé depuis 2014 dans une lutte acharnée contre les réseaux de l’imam, le président Recep Tayyip Erdogan avait obtenu ces derniers mois la mise sous tutelle des grands médias proches de Gülen. Zaman, Cihan, Samanyolu et consorts étaient subitement devenus très progouvernement, rappelant les souvenirs d’une époque où le président turc et le prédicateur exilé aux États-Unis étaient encore de proches alliés. Mais qui se souvient aujourd’hui qu’en 2010 Fethullah Gülen appelait «les morts à sortir de leur tombe pour voter oui» à un référendum voulu par Tayyip Erdogan, un appel relayé dans les médias proches de l’imam?

Le titre de LaCroix :

Turquie: vers un remaniement d’ampleur de l’armée

Le Premier ministre turc Binali Yildirim a rencontré jeudi la haute hiérarchie militaire pour remanier une armée laminée par le limogeage de près de la moitié de ses généraux depuis le putsch raté, dans le cadre d’une purge qui frappe de manière tout aussi implacable les médias.
Rien n’a filtré de la rencontre qui a duré cinq heures entre M. Yildirim et ce qu’il reste de la hiérarchie militaire turque après la purge radicale de l’armée. La télévision s’est bornée à montrer des généraux aux visages graves.

Une annonce pourrait intervenir vendredi après cette réunion qui devait décider du remplacement d’une partie du haut commandement. Signe de la défiance du pouvoir, la rencontre ne s’est pas tenue comme d’habitude au quartier général de l’armée mais dans la résidence du Premier ministre à Ankara.

Le ministre de l’Intérieur Efkan Ala a annoncé à l’agence TGRT Haber/Ihlas que la police serait désormais équipée d’armes lourdes, une mesure visiblement destinée à contrebalancer le pouvoir de l’armée.

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