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Longtemps, la Turquie a joué un double-jeu sur la question de l’EI en Syrie. Aujourd’hui plus que jamais,cette politique lui revient comme un dangereux boomerang.

Après le triple attentat de l’aéroport Atatürk à Istanbul, qui a fait 41 morts et 239 blessés, des voix se sont élevées, notamment chez des responsables politiques français, contre la politique du président turc, Recep Tayyip Erdogan. « Le gouvernement Erdogan a une lourde responsabilité dans l’aggravation de la crise », a ainsi déclaré Jean-Christophe Lagarde, le président de l’UDI. Vrai ou faux ? Analyse de Jean-François Pérouse, directeur de l’Institut français d’études anatoliennes à Istanbul.

Le président turc a longtemps joué un double-jeu au sujet de l’Etat islamique. Quelle est aujourd’hui sa stratégie ?

– Il y a eu un moment où l’objectif principal du gouvernement turc en Syrie était de mettre un terme au régime de Bachar al-Assad. Le danger de l’Etat islamique était relativisé par rapport au régime de Damas, d’une part, et par rapport aux Kurdes de Syrie, dont l’ascension avait des effets sur le mouvement kurde de Turquie, d’autre part.

Ces deux obsessions ont conduit les autorités turques à minimiser le danger de l’EI. Les services de renseignement ont eu une certaine tolérance vis-à-vis des cellules terroristes sur le sol turque, pourtant parfaitement connues et dont on savait qu’elles avaient des accointances avec l’EI et qu’elles se rendaient régulièrement en Syrie. Il y a eu là, si ce n’est des négligences, du moins un manque de rigueur dans le suivi de tous ces milliers de sympathisants.

Peut-on être sûr qu’aujourd’hui la Turquie ne joue plus ce double-jeu ?

– Du côté du gouvernement, toutes les ambiguïtés ont été levées. Mais il reste des segments dans l’appareil d’Etat, des acteurs discrets dans les forces de sécurité qui, même si c’est dangereux, continuent à dire qu’on peut continuer de jouer l’EI contre les Kurdes.

Cette dernière attaque va-t-elle ouvrir la voie à une politique turque plus offensive à l’égard de l’EI ?

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