Syrie: 31 morts dans des frappes vers Alep

Le Figaro :

Au moins 31 civils ont péri aujourd’hui dans des frappes du régime syrien sur les quartiers rebelles de la métropole d’Alep et ses environs, a affirmé à l’AFP une source au sein de la défense civile.

« Des bombardements aériens d’une folle intensité » ont visé cette ville du nord de la Syrie depuis le petit matin, a témoigné un correspondant de l’AFP sur place. Des dizaines de baril d’explosifs ont été été largués par l’aviation du président Bachar al-Assad sur plusieurs quartiers de la deuxième ville de Syrie, a-t-il précisé. Selon la défense civile des quartiers tenus par les rebelles, 21 civils ont été tués dans ces bombardements sur la ville.

Dix autres ont péri lorsque les avions du régime ont pris pour cible un bus qui circulait près d’Alep, sur la route du Castello, seul axe permettant un contact avec l’extérieur pour les zones tenues par les rebelles, selon la défense civile. L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a confirmé des frappes « intenses » de l’armée syrienne sur la route du Castello ayant fait « au moins huit morts civils ».

« La route du Castello est de facto coupée car tout mouvement est visé, que ce soit celui des bus ou des passants », a déclaré à l’AFP Rami Abdel Rahmane, le directeur de l’OSDH qui dispose d’un vaste réseaux de sources dans la Syrie en guerre. « Cela veut dire que les quartiers rebelles sont devenus totalement assiégés », a-t-il poursuivi, en estimant que le régime syrien voulait montrer aux civils des zones rebelles « que leur seule porte de sortie sont les quartiers sous son contrôle ».

Ancienne capitale économique de la Syrie, Alep est divisée entre des quartiers tenus par les rebelles à l’est et des quartiers contrôlés par les forces gouvernementales à l’ouest. Des tirs de roquettes visant les quartiers tenus par le gouvernement ont fait des blessés vendredi, a précisé Rami Abdel Rahmane. Hier, au moins 19 civils dont six enfants avaient déjà été tués à Alep dans des bombardements par les troupes du régime de quartiers sous contrôle rebelle.

Une trêve instaurée le 27 février par la Russie et les Etats-Unis, a été violée à plusieurs reprises et près de 300 civils avaient péri dans des bombardements en avril. Le cessez-le-feu a été reconduit maintes fois mais les violences se sont poursuivies.
D’après le correspondant de l’AFP, la campagne aérienne de vendredi est la violente depuis une dizaine de jours.

L’escalade de la violence à Alep intervient alors que le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir vendredi à New York pour trouver les moyens de secourir les habitants affamés et assiégés en Syrie. Selon l’ONU, près de 600.000 personnes vivent dans 19 zones ou localités en Syrie encerclées par les belligérants, principalement par les troupes du régime, et près de quatre millions dans des zones difficiles d’accès. Nombre d’entre eux souffrent de malnutrition.

La guerre en Syrie qui est entrée dans sa sixième année a fait plus de 280.000 morts et poussé des millions de personnes à l’exil.

Le titre du NouvelObs :

Syrie: Alep sous les bombes du régime, des dizaines de morts

Alep (Syrie) (AFP) – La ville syrienne d’Alep vivait de nouveau vendredi l’enfer des raids incessants du régime avec des dizaines de morts, au moment où l’ONU compte demander au régime son feu vert pour larguer de l’aide aux habitants affamés et assiégés en Syrie.

Lors d’une réunion à huis clos du Conseil de sécurité à New York, le patron des opérations humanitaires de l’ONU Stephen O’Brien a dit que cette autorisation était nécessaire pour fournir par voie aérienne nourriture et médicaments aux cités encerclées.

Dans la deuxième ville du pays ravagé par plus de cinq ans de guerre, au moins 38 civils ont péri depuis le petit matin dans des frappes de l’aviation du régime de Bachar al-Assad sur les quartiers est contrôlés par les rebelles et leurs environs, selon la défense civile.

Ces bombardements, « d’une folle intensité » selon un correspondant de l’AFP, sont les plus forts depuis un mois. La violence est telle que la prière du vendredi a été annulée et les rues ont été désertées, alors que les frappes se poursuivaient en fin d’après-midi.

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