Avec le Bundestag allemand, le génocide arménien reconnu par 29 pays

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Les députés allemands ont voté, le 2 juin 2016, une résolution reconnaissant le génocide arménien de 1915

Le Bundestag a adopté à la quasi-unanimité le texte intitulé «Souvenir et commémoration du génocide des Arméniens». L’Allemagne reconnaît ainsi pour la première fois les massacres et les déportations d’Arméniens entre 1915 et 1917 à la fin de l’Empire ottoman. Ce vote a déclenché la colère de la Turquie qui rejette le terme de génocide.

L’Arménie estime à 1,5 million le nombre de morts au cours de la période. La Turquie, pour sa part, avance les chiffres de 300.000 à 500.000 victimes. Selon Ankara, il s’agissait d’une guerre civile, et d’une famine. Un nombre similaire de Turcs auraient péri, affirme-t-on du côté du Bosphore.
Quelques jours plutôt, le président Recep Tayyip Erdogan avait prévenu la chancelière Angela Merkel que ce vote pourrait «détériorer toutes nos relations avec l’Allemagne».

L’affaire risque d’envenimer durablement les relations entre Ankara et Berlin, notamment à propos de l’application d’un accord controversé sur les migrants entre l’Union européenne et la Turquie. Texte porté par Berlin, qui a permis de réduire considérablement l’afflux d’étrangers en Europe.
Une trentaine de pays reconnaissent aujourd’hui le terme de génocide. Nombre d’entre eux ont sauté le pas lors du centenaire des massacres en 2015.

Amérique latine
L’Uruguay a été le premier pays, en 1965, à reconnaître le génocide arménien. Il faudra attendre près de quarante ans pour que deux autres pays d’Amérique latine, l’Argentine (2004) et le Venezuela (2005), s’alignent sur Montevideo. En 2007, c’est au tour du Chili, suivi en 2014 par les deux chambres du Parlement bolivien. L’année suivante, année de la commémoration du centenaire, le Sénat du Brésil et celui du Paraguay ont voté une résolution allant dans le même sens.

L’Union européenne
En 2015, plusieurs pays de l’UE ont profité de cet anniversaire pour requalifier les massacres en «génocide»: l’Autriche, le Luxembourg, la République tchèque et la Bulgarie. Génocide déjà reconnu antérieurement par d’autres Etats européens : Chypre en 1982, Grèce en 1996, Belgique en 1998, Italie en 2000, Pays-Bas et Slovaquie en 2004, suivis de la Pologne et de la Lituanie en 2005. La France a reconnu officiellement le génocide par une loi de 2001.

Ailleurs en Europe
La Suisse a fait de même. Mais elle n’évoque que la responsabilité de l’Empire ottoman, évitant ainsi de nommer la Turquie.

La Douma russe a voté la reconnaissance en 1995.

A l’occasion du 100ème anniversaire, le 12 avril 2015, le pape François utilise pour la première fois au Vatican le mot qui révulse les Turcs.

De l’autre côté de l’Atlantique
Le Parlement canadien utilise le même terme en 2004. Aux Etats-Unis, l’attitude vis-à-vis des massacres est plus alambiquée. En 2010, la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants a approuvé une résolution sur la reconnaissance. Barack Obama ne prononcera pas le mot tabou lors des commémorations du centenaire. Mais les termes de son discours seront sans équivoque.

Au Moyen-Orient
Seuls le Liban et la Syrie reconnaissent le génocide. Ils ne mentionnent que la responsabilité de l’Empire ottoman pour éviter de parler de la Turquie d’Erdogan.

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