Créteil : trois ados présentées à la justice pour avoir torturé la collégienne

Créteil, mercredi. Sandra*, 12 ans, a été violemment agressée sur le chemin du retour du collège mardi en fin d’après-midi.

Sandra* gardait secret son calvaire. Elle n’en parlait ni à ses parents, ni à ses camarades de classe. Ce jeudi midi, parmi les élèves entrant dans le collège Clément-Guyard de Créteil, personne ne savait que l’adolescente de 12 ans se faisait maltraiter depuis plusieurs mois par une bande de jeunes filles du même âge.

Ces trois ados âgées de 13 à 15 ans ont été déférées ce jeudi soir. Elles devaient être présentées à un juge des enfants pour extorsion de fonds en bande organisée, tortures et actes de barbarie sur mineur de moins de 15 ans. La quatrième ado qui avait été interpellée a été remise en liberté.

Devant le collège, certaines élèves se revendiquant comme des « copines de classe » de la victime n’en revenaient pas. « Elle n’en parlait pas, elle devait avoir honte ou peur », suppose une élève qui dit n’avoir jamais été menacée : « J’ai un grand frère et elles le connaissent. » « Tout le monde tombe des nues, poursuit une représentante de parents d’élèves. On n’a pas eu vent de problèmes particuliers, ça devait se passer hors de l’établissement. »

Après plusieurs mois de brimades, Sandra a vécu l’enfer au retour du collège mardi en fin d’après-midi. Ses agresseuses qui, depuis de longs mois exigeaient des sommes toujours plus élevées et lui dérobaient régulièrement ses affaires, lui avaient réclamé 170 €. Elle ne les avait pas. Viennent alors les brûlures de cigarettes, les cheveux coupés au couteau, les coups, les humiliations. La scène est filmée, les « tortionnaires » clamant qu’elles allaient la mettre sur les réseaux sociaux. Lorsque ses parents découvrent son état, ils l’emmènent au commissariat. Et permettent ainsi l’interpellation de quatre adolescentes non loin du centre commercial Créteil Soleil.

Confiées à la brigade des mineurs de la sûreté territoriale, les jeunes filles sont déjà connues des services de police pour des violences qu’elles commettaient sur d’autres adolescentes. Gamines sans repères, supportant mal l’autorité qu’elle soit familiale ou scolaire, elles s’entraînaient mutuellement dans une spirale toujours plus violente.

*Sandra n’est pas son nom, par respect et sécurité pour elle !

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