Attaque en Côte d’Ivoire : Aqmi s’étend en Afrique de l’Ouest

Bamako, Ouagadougou, Grand-Bassam… Aqmi confirme sa volonté d’étendre toujours plus loin ses attaques meurtrières.

La Côte d’Ivoire s’y attendait. Plusieurs services de renseignements occidentaux et africains avaient prévenu que le pays était dans le viseur des terroristes. Par l’intérêt qu’elle suscite pour les entreprises occidentales, par sa relation privilégiée avec la France, par son grand nombre d’expatriés de la région, la Côte d’Ivoire se savait particulièrement menacée. Mais les autorités ivoiriennes craignaient qu’Abidjan soit la cible.

En frappant, Grand-Bassam, à 40 kilomètres au sud-est de la capitale, les djihadistes ont pris de court les forces de police et de l’armée concentrée à Abidjan. Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique), qui a revendiqué l’attaque, a tapé très loin de sa zone d’action traditionnelle, l’Afrique du nord, le Sahara et le Sahel. Après les attaques à Bamako, au Mali, à Ouagadougou au Burkina Faso, le groupe djihadiste confirme sa volonté d’étendre toujours plus loin ses carnages. L’ensemble de la sous-région est désormais à la portée d’Aqmi.
« Tous les pays d’Afrique où les touristes et des intérêts occidentaux, a fortiori français, sont présents peuvent être une cible », confirme Romain Caillet, spécialiste des réseaux djihadistes.

La Côte d’Ivoire mais aussi le Sénégal sont des « cibles naturelles » estime lui aussi Gilles Yabi, ancien directeur du bureau international de l’International Crisis Group.

L’extension de la galaxie djihadiste sahélienne ne doit rien au hasard. Les ambitions criminelles de Mokhtar Belmoktar, leader d’Al-Mourabitoun qui s’est récemment réconcilié avec Aqmi, et probablement derrière l’organisation de l’attaque de Grand-Bassam, ont été évoquées dès le mois d’août 2015. Un communiqué annonçait alors que le djihadiste algérien avait été désigné comme chef d’Al-Qaïda en Afrique de l’Ouest. Cette communication devait à l’époque servir à faire taire les rumeurs selon laquelle la katiba de Mokhtar Belmokhtar avait rallié l’Etat islamique(EI).

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