Jean-Yves le Drian demande la mise à la retraite du général Christian Piquemal

L’ancien patron de la Légion étrangère avait participé, en février dernier, à Calais, à un rassemblement anti-migrants pourtant interdit par les autorités. Le devoir de réserve de l’officier n’a «visiblement pas été respecté» indique l’entourage du ministre de la Défense.

 

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a demandé la mise à la retraite du général Christian Piquemal. Âgé de 75 ans, l’ancien patron de la Légion étrangère de 1994 à 1999 est poursuivi par la justice pour avoir participé à une manifestation anti-migrants à Calais interdite par la préfecture. L’entourage du ministre révèle, ce lundi, que ce dernier a saisi l’armée de Terre afin qu’un conseil de discipline exclut le gradé de la deuxième section, statut des officiers généraux qui ne sont plus en activité mais toujours à la disposition de l’armée, et le mette en retraite.

Les officiers de la deuxième section bénéficient de certains avantages fiscaux, du droit de porter l’uniforme et sont aussi soumis à un devoir de réserve qui n’a «visiblement pas été respecté» dans le cas de Christian Piquemal, ajoute cette source. Le ministère travaille par ailleurs à une réforme du code de Défense, afin de permettre au ministre de prendre directement ce genre de décision, après discussion avec le chef d’état-major, sans passer par un conseil de discipline.

Le «rôle principal» d’un rassemblement d’extême droite

Le général Piquemal avait participé le 6 février, mégaphone à la main, à un rassemblement anti-migrants convoqué par le mouvement d’extrême droite Patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident (Pegida) à Calais (Pas-de-Calais), manifestation interdite par les autorités. Il était sorti de sa réserve d’ancien officier parachutiste à la retraite afin de défendre publiquement, et en son nom, «la grandeur de l’identité de la France» avant de se faire interpeller par les CRS.

Ses partisans avaient condamné son arrestation avec quatre autres individus ainsi que ses deux nuits en garde à vue et déploré le fait qu’il soit le premier général arrêté depuis Maurice Challe en 1961, l’un des quatre généraux putschistes d’Alger sous De Gaulle.

Le 8 février, il devait être jugé en comparution immédiate au tribunal de Boulogne-sur-Mer avec quatre autres personnes pour «participation à un attroupement qui ne s’est pas dissout après sommation». Son procès avait été reporté en raison de son état de santé au 12 ami prochain. Le général s’était rendu à l’hôpital de Calais et «le médecin légiste qui l’avait examiné a indiqué que son état de santé était incompatible avec une comparution immédiate devant le tribunal correctionnel», rapportait le procureur Jean-Pierre Valensi.

En ligne, il dénonce «l’immigration massive»

Sur le blog du Cercle de citoyens-patriotes dont il est président, Christian Piquemal dénonce régulièrement «l’immigration massive», «les abandons de souveraineté» et «l’islamisation rampante et progressive». Avant la manifestation à Calais, il réagissait en ligne à l’annonce de l’interdiction à manifester dans un post intitulé «À propos de Calais»: «Malgré cette mesure arbitraire et abusive, et en raison notamment du nombre important de participants prévus ainsi que des moyens matériels qu’ils ont engagés, nous maintenons notre participation, apolitique, qui se fera dans l’ordre, le calme et la discipline des “vieilles troupes”; j’y serai présent physiquement.»

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