Haute-Savoie : deux adolescentes, radicalisées, sont activement recherchées

La gendarmerie nationale a lancé un appel à témoins pour retrouver deux jeunes filles de 16 et 15 ans qui ont fugué et susceptibles de faire le djihad.

Les deux mineures, scolarisées à Seynod, dans la périphérie d’Annecy, sont « susceptibles de quitter le territoire national par tous les moyens, et d’utiliser de fausses identités », précise l’appel des gendarmes, diffusé avec le portrait des fugueuses sur le compte Twitter de la gendarmerie nationale. Selon le parquet d’Annecy, elles auraient été aperçues pour la dernière fois le vendredi 4 mars vers 13 heures, quittant le lycée des Carillons de Seynod, où elles sont scolarisées.

« Nous les soupçonnons, d’après leurs déclarations, d’être parties ou de vouloir partir en Syrie. Elles avaient pour projet de prendre un train pour Paris depuis Chambéry », a précisé le parquet d’Annecy, qui dispose pour l’heure de « peu d’éléments » en dehors de déclarations d’amies.

Interdiction de sortie de territoire

Les gendarmes ont été avisés de cette fugue vendredi vers 19 h 30, des camarades de classe s’étant inquiétés de l’absence des deux jeunes filles. Ils ont prévenu leur entourage après avoir tenté de les retrouver dans la gare de Chambéry, d’où elles auraient pris la fuite.

« L’une des jeunes filles était déjà soupçonnée de radicalisation et était suivie. Elle avait été placée en foyer et faisait l’objet d’une interdiction de sortie du territoire. Nous avons obtenu pour l’autre jeune fille une opposition de sortie du territoire ce (samedi) matin », a ajouté le parquet. L’ensemble des services d’enquête, dont la police aux frontières, a été informé de cette fugue, avec diffusion des portraits des deux lycéennes.

Louisa B., 16 ans, nés en 1999 à Annecy, est une adolescente de 1,70 m et de corpulence mince. Elle a les yeux et les cheveux noirs, détaille l’appel des gendarmes. Sa camarade, Abou S., 15 ans, est née en 2000 à Annemasse et mesure 1,76 m. Elle a les cheveux châtain clair, les yeux marron, et un appareil dentaire.

20 % de mineurs parmi les 8 250 radicalisés

Les mineurs sont les plus susceptibles d’être manipulés, de se radicaliser, notamment via les réseaux sociaux, et de quitter leur domicile. Des affaires similaires ont été enregistrées ces derniers mois. Ainsi en février, on apprenait par le préfet de Haute-Garonne qu’une trentaine de mineurs étaient actuellement suivis à Toulouse pour avoir envisagé de partir faire le djihad.

Dans son édition de vendredi, Le Monde révélait que cinq adolescentes françaises, en contact via Facebook, rêvaient de faire le djihad pour « tuer au nom d’Allah ». Deux d’entre elles avaient même le projet macabre de se « faire sauter » dans un quartier juif de Lyon. Le quotidien a publié les écoutes téléphoniques et des extraits de leurs auditions prouvant leur détermination et le degré d’embrigadement.

Ces radicalisations inquiètent et progressent. Une étude publiée par Le Figaro révélait que le dernier bilan officiel, fin janvier, faisait état de 8 250 cas de radicalisations (le double par rapport à la dernière étude). Les femmes et les mineurs étaient les plus exposés. Ainsi, la part des femmes serait de 30 %  et celle des mineurs de 20 %, en augmentation.

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