La centrale nucléaire de Fessenheim à nouveau source de crispation

Série noire pour la filière électronucléaire française.

Après la plainte déposée par Genève, mercredi 2 mars, contre le « danger » des installations du Bugey (Ain), puis la mise en cause, le lendemain, du site de Cattenom (Moselle) par les Verts allemands, c’est au tour de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) d’être épinglée par des médias germaniques. La Süddeutsche Zeitung, dans son édition du vendredi 4 mars, ainsi que la chaîne de télévision WDR, affirment qu’« une panne dans la plus ancienne centrale atomique française était plus grave qu’on le pensait ». La ministre de l’environnement allemande, Barbara Hendricks, a aussitôt réagi en déclarant que Fessenheim, frontalière de son pays, « devait être fermée le plus vite possible ». Une demande déjà formulée à plusieurs reprises par le passé.

Dans ce document, l’ASN indique que « la fuite a été rapidement stoppée par le personnel EDF » et que « le réacteur 1 a été arrêté par l’exploitant ». « La voie B du système RPR n’a pas été touchée, précise-t-elle, les fonctions du système RPR ont toujours été assurées. » L’événement n’ayant « pas eu de conséquence sur le personnel ni sur l’environnement de l’installation », elle l’a classé au niveau 1 sur l’échelle internationale des événements nucléaires qui va de 0 à 7. Un classement qui s’applique à une simple « anomalie » et qui, en l’occurrence, sanctionne « la dégradation de matériels de protection qui a conduit à l’arrêt du réacteur ».

La relation faite par les médias allemands de cet incident est autrement dramatique. La Süddeutsche Zeitung fait état « d’une suite de défaillances techniques et de chaos », qui aurait conduit à ce que le réacteur ne soit « temporairement plus contrôlable ». C’est évidemment le point central de l’affaire. Le journal accuse implicitement l’ASN d’avoir dissimulé ce fait, en particulier en ne mentionnant pas que pour arrêter le réacteur, les équipes ont du procéder à l’injection d’une solution d’eau borée, afin d’« étouffer » la réaction nucléaire. Cela, parce que le dispositif habituellement utilisé pour réguler la puissance, constitué de « grappes de contrôle » faites de matériaux absorbant les neutrons, aurait été inopérant. Le quotidien fait aussi état d’une « température du réacteur hors de contrôle ».

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