Coup de froid entre le Maroc et l’UE à cause du Sahara occidental

Rabat a suspendu ses relations avec Bruxelles à la suite d’une décision de la justice européenne sur un accord agricole. La question épineuse du Sahara occidental est à l’origine de cet imbroglio.

Le Maroc est furieux. Le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane a annoncé, jeudi, la « suspension de tout contact » avec l’UE. En cause, une décision de la justice européenne qui invalidait un accord agricole conclu avec le royaume, au motif qu’il s’appliquait aussi au Sahara occidental. Rabat estime cette décision « contraire au droit international ».

« Dans l’attente d’explications et d’assurances nécessaires de la partie européenne », le gouvernement marocain « a décidé de suspendre tout contact avec les institutions européennes, à l’exception des discussions liées » au dossier en question, a fait savoir le porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, jeudi.

 

Les 28 embarrassés par la décision de la Cour de Justice

Bruxelles a essayé de calmer le jeu, ce vendredi, en disant « rester en relation avec les autorités marocaines ». « Nous sommes prêts à fournir les clarifications et assurances complémentaires pour répondre aux préoccupations du Maroc, ont expliqué les services extérieurs de l’UE dans un communiqué, afin que les contacts et la coopération puissent être pleinement rétablis dès que possible ».

La justice européenne a annulé, en décembre, un accord entre l’UE et le Royaume sur la libéralisation de produits agricoles et de produits de la pêche, parce qu’il s’appliquait au Sahara occidental. La décision faisait suite, selon le site marocain Tel Quel, à une plainte de représentants du Polisario.Ex-colonie espagnole, cette région est contrôlée par le Maroc mais revendiquée par les indépendantistes du Polisario.

Cette décision de la justice européenne avait également suscité la préoccupation des 28. Ils avaient annoncé vouloir faire appel du jugement, afin d’éviter une brouille avec le Maroc, allié précieux dans leur lutte contre la mouvance djihadiste après les attentats de Paris.

Laisser un commentaire