Présidentielle 2017 : un financement russe pour la prochaine campagne de Marine Le Pen ?

Le Front national a besoin de 27 millions d’euros pour financer les échéances de 2017. Et le parti de Marine Le Pen se voit déjà au second tour.

L’histoire d’amour entre le Front national et la Russie continue. Selon Europe 1, qui a révélé l’information cette semaine, le FN  a besoin de quelque 27 millions d’euros, 12 millions pour l’élection présidentielle et 15 millions pour les élections législatives de 2017. Une somme que le FN pourrait trouver à Moscou.

Contacté par « L’Obs », Wallerand de Saint-Just, le trésorier du Front national, confirme que le parti d’extrême droit envisage de se tourner à nouveau vers la First Czech Russian Bank (FCRB), une banque russe réputée très proche du Kremlin, si aucune banque française n’accepte de prêter au FN.

C’est la première fois que le parti de Marine Le Pen pourrait procéder à un investissement d’une telle importance… et à la hauteur de ses nouvelles ambitions.
Tout va bien entre le FN et ses créanciers russes

« La somme évoquée de 27 millions d’euros est exacte et correspond aux besoins financiers du parti pour les deux prochains rendez-vous électoraux », confirme le trésorier du parti de Marine Le Pen, contacté par « L’Obs ».

Mais Wallerand de Saint-Just dément avoir déjà fait une nouvelle demande de prêt, contrairement aux affirmations du « Times ».
C’est de la daube ! Aucune démarche dans ce sens n’a été entamée. »

Reste qu’en se gardant bien de confirmer l’information du « Times », le trésorier du FN « envisage raisonnablement » de se tourner à nouveau vers la First Czech Russian Bank (FCRB). La même banque – dirigée par un ancien cadre bancaire de l’Etat russe, Roman Yakubovich Popov, selon Médiapart – auprès de laquelle le parti avait obtenu un prêt de 9 millions d’euros en 2014.

Visites à Moscou, à l’ambassade russe à Paris, prises de position en faveur de Vladimir Poutine, malgré un resserrement évident des liens entre le clan Le Pen et le Kremlin, le FN continue de démentir toute influence russe sur sa ligne politique.

« Nos relations avec la FCRB sont excellentes », résume Wallerand de Saint-Just :
L’idée de continuer cette collaboration est logique. Tout se passe bien, nous nous tournerons de nouveau vers eux si aucune banque française ne veut nous faire un prêt », confirme le trésorier du FN.
Le FN pense déjà à financer sa présence au second tour

En réalité, plus qu’à de simples « besoins financiers », les sommes de 12 et 15 millions d’euros que le FN pourrait emprunter correspondent au plafonnement du remboursement des frais des campagnes présidentielle et législative et aux quelques centaines de milliers d’euros d’intérêts supplémentaires que le parti devra débourser en cas de prêt.

Pour les candidats qui seront présents au second tour de l’élection présidentielle en 2017, la loi de financement public prévoit un remboursement à hauteur de 47,5% du plafond des dépenses – qui devrait être d’environ 24 millions d’euros en 2017. Soit un peu moins de 12 millions d’euros, la valeur des fameux « besoins financiers » évoqués par le trésorier du FN.

Wallerand de Saint-Just, confirme un investissement « sans précédent » et ‘ »à la hauteur des nouvelles ambitions » du parti de Marine Le Pen :
Comme tout le monde, nous lisons les sondages. Nous ferons en sorte d’être prêts financièrement pour le second tour », précise-t-il.

Mais pourquoi se tourner vers une banque russe ? Le coupable est tout trouvé pour le trésorier du FN : Nicolas Sarkozy et le scandale Bygmalion auraient coupé toute envie aux banques françaises de prêter aux partis politiques.
En 2012, la Société Générale avait prêté 5 millions d’euros au Front national sans que cela pose le moindre problème. Mais les choses ont changé, il faut aller chercher les fonds à l’étranger », explique Wallerand de Saint Just.

Selon la loi organique relative aux règles applicables à l’élection présidentielle, la durée des comptes d’une campagne présidentielle court sur les douze mois précédant l’élection, soit dès avril 2015 pour la future échéance présidentielle. Le trésorier du FN confirme que la question du financement des campagnes de 2017 sera tranchée « très prochainement ».

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