Disparition de la romancière à succès Harper Lee

L’écrivain, auteur du best-seller mondial Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, est morte à l’âge de 89 ans, dans sa ville natale de Monroeville, dans l’Alabama.

Harper Lee, dont le premier roman Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur avait connu un succès planétaire, est morte à l’âge de 89 ans dans sa ville natale de Monroeville, dans l’Alabama.

Publié en 1960 alors qu’elle avait 34 ans, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur («To Kill a Mockingbird») avait obtenu l’année suivante le prestigieux Prix Pulitzer puis adapté à l’écran par Robert Mulligan, sous le titre Du silence et des ombres avec Gregory Peck (qui deviendra son ami) dans le rôle d’Atticus Finch.

Ce premier roman écrit alors qu’elle était proche de Truman Capote, qui sera suivi d’un second, 55 ans plus tard, raconte et dénonce le racisme ordinaire qui sévit dans une petite ville du sud des États-Unis, dans les années 1930 ; l’histoire d’un avocat prend la défense d’un Noir (Tom Robinson) faussement accusé d’avoir violé une femme blanche.

Face au succès aussi énorme qu’inattendu Harper Lee avait par la suite choisi le silence et l’éloignement, refusant les interviews ; on la surnommait alors «la Garbo des lettres». À l’époque, les lois ségrégationnistes n’avaient pas encore été abolies. À la fin des années 70, le roman s’était vendu à plus de dix millions d’exemplaires à travers le monde. Durant l’été 1960, une semaine après sa publication, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur était en tête de la liste des best-sellers aux États-Unis, et y restera 88 semaines durant.

En France, son premier roman a été traduit à trois reprises ; la première en 1961, sous le titre Quant meurt le rossignol (éditions Le Livre contemporain), la deuxième en 1989 sous le titre Alouette, je te plumerai, et la troisième aux éditions de Fallois il y a une dizaine d’années (Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur).

En 2015, à la surprise générale, est annoncé un nouveau roman signé Harper Lee: Go Set a Watchman. Et rebelote, ce livre inespéré a été le titre le plus vendu aux États-Unis: 1,5 million d’exemplaires, après parution le 3 juillet chez HarperCollins. Présenté comme la suite de Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Va et poste une sentinelle (traduit chez Grasset) met en scène les mêmes personnages, dans la même petite ville, une vingtaine d’années plus tard.

Dans Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, une fillette surnommée Scout coule, dans l’Alabama des années trente, une joyeuse enfance de garçon manqué entre son frère aîné et son père, Atticus Finch, un avocat veuf. Dans un environnement marqué par la ségrégation raciale, les Finch font figure d’originaux à la limite de la «dissidence». Si la figure enfantine de Scout irradie littéralement ce roman initiatique, celle d’Atticus, figure morale, assoit l’ouvrage comme le fameux «roman national» vanté par la journaliste Oprah Winfrey.

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