Décès de Boutros Boutros-Ghali, ex-secrétaire général de l’ONU

Diplomate hors pair, de confession chrétienne copte, il avait joué un rôle actif dans les accords de paix entre l’Egypte et Israël. Il est décédé au Caire à l’âge de 93 ans.

Sa mort a été annoncée, mardi 16 février, par l’ambassadeur vénézuélien au Conseil de sécurité. Tout un symbole pour le diplomate qui aura eu des liens privilégiés avec le tiers-monde pendant sa longue carrière. Boutros Boutros-Ghali restera dans l’histoire pour son brillant parcours international, les accords de paix entre Israël et l’Egypte de 1979, à ses postes de secrétaire général de l’ONU en 1992, puis de premier secrétaire général de la Francophonie en 1997. Il était aussi un témoin privilégié d’un demi-siècle d’histoire de l’Egypte et du Moyen-Orient. Il incarnait enfin l’intelligentsia égyptienne du début du XXe siècle: cultivée, à la fois occidentalisée et profondément attachée au nationalisme arabe.
Un fils de l’Egypte cosmopolite

Boutros Boutros-Ghali, dont le patronyme signifie «Pierre» en arabe, descendait d’une influence famille chrétienne copte. Son grand-père, premier chef de gouvernement égyptien copte, fut assassiné en 1910, dans une Egypte alors sous tutelle britannique. Cette identité copte n’est pas anodine: elle renvoie au statut minoritaire de ces chrétiens d’Egypte, évangélisés par saint Marc, demeurés dans leur pays malgré la conquête musulmane. Elle rappelle également que les «coptes», étymologie désignant les Egyptiens des temps pharaoniques, incarnent une passerelle entre la millénaire civilisation du Nil, et l’Egypte actuelle.

Fort de ce lourd héritage, Boutros Boutros-Ghali était un universitaire érudit. Lors de ses études à la Sorbonne, il avait fréquenté les étudiants et intellectuels qui théorisaient le nationalisme arabe. Cette doctrine, anti-colonialiste, mais empruntant à l’Occident la modernité et une approche laïcisante de la politique, allait durablement marquer l’Egypte, avec le régime de Gamal Abdel Nasser, les Palestiniens, avec le Fatah, et la Syrie et l’Irak, avec le parti Baas.
Victoires et défaites d’un diplomate audacieux

Boutros Boutros-Ghali fut nommé ministre d’Etat des Affaires étrangères de l’Egypte, en 1977. Durant ses quatorze ans en poste, il participa à la conclusion des accords de paix égypto-israéliens de Camp David (1978), puis du traité de paix (1979), qui perdure encore aujourd’hui.

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