Accident d’un TGV en Alsace : la mère d’une victime exige la vérité

Le déraillement du train a fait 11 morts le 14 novembre dernier. Le TGV d’essai était tombé dans un canal après avoir abordé une courbe à 265 km/h.

 

Trois mois après l’accident en Alsace d’une rame d’essai de TGV qui a coûté la vie à 11 personnes, la mère d’une victime demande à la SNCF de faire toute la lumière sur ses causes. Fanny, 25 ans, « n’aurait pas voulu entrer dans ce train si elle avait connu les risques », a affirmé lundi sa mère, Christine Dujardin, au micro d’Europe 1. « Maintenant que nous, la famille, nous documentons un petit peu, nous sommes ahuris par les risques que ma fille a courus », a-t-elle précisé à l’Agence France-Presse.

Sa fille faisait partie des « invités » présents dans la rame d’essai du TGV. Elle y avait accompagné son compagnon, ingénieur chez Systra, qui avait reçu une invitation à participer à cet essai alors qu’il ne travaillait pas ce samedi 14 novembre, selon Christine Dujardin. Parmi les risques dont sa fille n’avait pas connaissance, Christine Dujardin liste « le fait que le freinage automatique était désactivé, mais aussi l’intention de faire des pointes de vitesse ». « Est-ce qu’avec votre voiture vous feriez des tests de freinage au bord d’un précipice ? » s’interroge-t-elle.
La vitesse en cause

Selon une note d’étape du Bureau d’enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT), la vitesse est la cause « unique » du déraillement du TGV, tombé dans un canal après avoir abordé une courbe à 265 km/h alors que la vitesse prévue était de 176 km/h. Cet accident constitue le premier déraillement mortel dans l’histoire du TGV depuis sa mise en service en 1981. « Je veux juste qu’ils montrent du respect pour les morts et les rescapés et cela passe par faire la lumière le plus vite possible sur les faits, sans mensonge », insiste Christine Dujardin. Elle dit souhaiter « une sanction pour toujours pour la SNCF, qui pourrait les dissuader d’être aussi légers avec les vies humaines. »

Tout en soulignant qu’il est beaucoup trop tôt pour se prononcer sur les circonstances de l’accident, son avocate, Me Sophie Sarre, souligne que « la vigilance de tous sera d’autant plus forte qu’on sait que la SNCF n’a pas été forcément transparente dans le cas de l’accident de Brétigny ». La semaine dernière, la presse s’était faite l’écho de tentatives d’entrave à l’enquête sur l’accident de Brétigny-sur-Orge (Essonne) qui avait fait sept morts en 2013. Des informations vigoureusement démenties par la SNCF. Initialement prévue pour le mois d’avril, la mise en service de cette ligne entre Paris et Strasbourg a été retardée par l’accident et est désormais fixée au 3 juillet.

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