Pour Mélenchon, 2017, c’est maintenant

L’eurodéputé Front de gauche a «proposé» mercredi soir sa candidature au premier tour de la prochaine présidentielle.

En 2017, il faudra donc de nouveau compter avec Jean-Luc Mélenchon. Invité mercredi soir du 20 heures de TF1, l’eurodéputé a en tout cas «propos(é)» sa candidature au premier tour de la prochaine présidentielle, «hors cadre de partis, ouvert aux citoyens». Et d’ajouter: «C’est le peuple qui décidera». Son slogan ? «L’intérêt général humain.» Son parti ? «Mes convictions». Son modèle? «Bernie Sanders». Au passage, celui qui fut déjà candidat à la présidentielle de 2012 (11,1%) a donc redit niet à ceux qui espéraient, sans trop y croire, le voir participer à une primaire – un mode de désignation qu’il a toujours fustigé. Sur son site, basé sur le même modèle que celui de Sanders, il dit compter sur un vaste soutien populaire.

Une première question de taille se pose. Mélenchon peut-il avoir les 500 signatures, sésame à une candidature présidentielle, sans l’appui du Parti communiste français (principal allié de son Parti de gauche au sein du Front de gauche) ? La formation dirigée par Pierre Laurent l’avait soutenu en 2012, fort de ses élus locaux et de sa capacité d’organisation. Mais pour 2017, rien n’est acquis. De nombreux communistes jugent ainsi qu’une nouvelle candidature Mélenchon n’est pas forcément souhaitable, lui qui, depuis le début du quinquennat, a davantage fracturé que rassemblé la gauche. Pierre Laurent lui-même s’est d’ailleurs montré beaucoup moins fermé que lui à la perspective d’une «primaire des gauches et de l’écologie», initiative lancée début janvier à la une de Libération.
Moment choisi

Conscient qu’il avait besoin de partir de loin, Mélenchon s’en explique sur son site : «Je passe à l’action pour que nous puissions commencer à convaincre, mobiliser, trouver les financements et les parrainages». Il sait aussi que la primaire de la droite qui se tiendra en fin d’année va largement occuper l’espace médiatique dans les mois qui viennent. «Après MM. Juppé, Fillon, Sarkozy, Mme Le Pen sur votre plateau a annoncé sa candidature. Dans ces conditions, il faut passer à l’action, on ne peut pas rester sans voix», a t-il expliqué sur TF1.

Mais le moment choisi pour sortir du bois n’a rien d’anodin. Il intervient alors qu’un remaniement du gouvernement Valls est annoncé pour le lendemain et alors que la réforme constitutionnelle a été difficilement votée le jour-même par l’Assemblée.

En se déclarant officiellement alors que François Hollande est en première ligne sur la question de la déchéance de nationalité comme sur sa capacité à donner une nouvelle et ultime impulsion à un quinquennat à bout de souffle par bien des aspects, Mélenchon cible un moment clé. Reste que le bilan électoral du Front de gauche depuis 2012 n’est guère plus brillant que celui du Parti socialiste au pouvoir.

A gauche, Jean-Luc Mélenchon est en tout cas le premier candidat d’envergure à se lancer dans la course pour 2017. A la différence, par exemple, d’un François Hollande soumis à l’évolution de cette satanée courbe du chômage, d’une Cécile Duflot ou d’un Benoît Hamon qui ont l’un comme l’autre décidé de jouer le jeu de la primaire, ou d’un Arnaud Montebourg qui fait passer des cartes postales mais reste mystérieux sur ses intentions.

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