Calais: la capitulation de l’État, la révolte et la haine

FIGAROVOX/TRIBUNE – Pour Alexis Theas, le déchaînement médiatique qu’a suscité le micro-rassemblement «anti-migrants» samedi est un écran de fumée destiné à masquer une situation apocalyptique et la démission de l’Etat.

Pendant que le président de la République apparaissait sur France 2 à la mi-temps de France-Italie pour commenter le match de rugby de samedi, le naufrage de Calais se poursuivait. Une manifestation d’une centaine de personnes, présentée comme «anti-migrants», s’y réunissait. Ce mouvement répondant à un appel du groupe allemand Pegida, «contre l’islamisation de l’Europe», il a été attribué par les médias à l’ultra-droite, voire les néonazis. La manifestation ayant été interdite par le ministre de l’Intérieur, la répression policière a été sévère: 20 interpellations, soit un cinquième des manifestants, 10 placements en garde à vue… Fait marquant: un général de corps d’armée à la retraite, ancien commandant de la Légion étrangère, Christian Piquemal, dont le parcours ne révèle rien d’un factieux ni d’un extrémiste, s’est trouvé parmi les personnes arrêtées.

Les commentaires médiatiques se focalisent sur la condamnation virulente du rassemblement qualifié de raciste. Mais que recèle vraiment cette indignation?

La situation de Calais a pris une dimension apocalyptique. Plusieurs milliers de migrants en situation irrégulière ont installé un gigantesque bidonville, surnommé la Jungle, devenue une zone de non droit. Des personnes en provenance du Moyen-Orient et d’Afrique, dont des enfants, y survivent dans des conditions sanitaires épouvantables, indignes de la France contemporaine, sous la férule des passeurs mafieux et des activistes d’extrême gauche.

La violence et le chantage y règnent en maîtres. La police y est prise pour cible et de violents affrontements s’y déroulent périodiquement. Toute une région est gravement sinistrée. Les commerces dont le chiffre d’affaires s’est effondré doivent fermer, les habitants du voisinage vivent dans la terreur. Un véritable chaos se répand sur toute une partie de la région dont l’image est dévastée.
Une tragédie fruit de l’impuissance européenne

Le drame n’a rien de nouveau, même s’il s’est considérablement aggravé en quatre ans. Il remonte à la fin des années 1990, lié au fonctionnement de l’espace Schengen: la France a ouvert ses frontières européennes et s’est engagée à protéger par tous les moyens celles de la Grande-Bretagne, transformant, le Calaisis en cul-de-sac, réceptacle des migrants qui ont traversé une partie de la planète dans le but de se rendre Outre-Manche. Cette tragédie est le fruit de l’impuissance européenne à contrôler la frontière extérieure commune, d’ailleurs totalement démantelée depuis la grande ouverture de septembre 2015. La manifestation de samedi résulte en outre de la faillite de l’Etat dans sa mission d’autorité et de protecteur des populations. La faiblesse, comme toujours, est le plus court chemin qui conduit à la haine et la violence. La responsabilité de M. François Hollande est engagée. L’article 5 de la Constitution de 1958 fait du chef de l’Etat le «garant de l’intégrité du territoire». Le président de la République, qui ne s’est jamais rendu sur place, est responsable de l’abandon à des groupes mafieux d’une parcelle du territoire national. Calais fait autant partie de la France que le huitième arrondissement de Paris, faut-il le lui rappeler?

 

Le monde politico-médiatique s’est déchaîné contre le général Piquemal accusé d’extrémisme. Et si le geste solitaire de ce Soldat n’était rien d’autre qu’un mouvement de désespoir et de colère contre la grande dérobade politicienne dont la Jungle de Calais est devenue le sinistre symbole?

 

Pour information, ce texte est un copié-collé d’un article du Figaro !

Laisser un commentaire