Nicolas Hulot refuse le poste de «super» ministre

Le coproducteur du Grenelle de l’environnement et du pacte écologique lors de présidentielle de 2012 a décliné l’offre qui lui a été faite d’entrer au gouvernement à la tête d’un grand ministère en charge de l’écologie.

C’est toujours la même rengaine. Depuis la sortie de Cécile Duflot et Pascal Canfin du gouvernement, la même question se pose à chaque fois que le mot «remaniement» est prononcé : «Le retour des écologistes au gouvernement ?» Cette fois, ça devenait probable. François Hollande avait proposé à Nicolas Hulot un grand ministère de l’Ecologie. Au futur ministre, on lui avait fait miroiter un enterrement du projet de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, une poursuite du moratoire sur l’exploitation du gaz de schiste, un règlement de la question des boues rouges générées par la fabrication de l’aluminium qui polluent la Méditerranée. Un poste de «super» ministre.

Le discret Nicolas Hulot «hésitait», selon ses proches. Jeudi, il a écrit, en parlant de lui à la troisième personne, sur Twitter : «Nicolas Hulot n’entrera pas au gouvernement. Il remercie le Président de la confiance qu’il n’a cessé de lui accorder.» L’arrivée de Nicolas Hulot au gouvernement aurait été un gros coup pour François Hollande. Il vient d’être sacré par 61% des sympathisants de gauche (et 50% des Français) comme la personnalité dont ils souhaitent qu’elle joue un rôle important dans l’avenir, selon un sondage Ifop-JDD publié dimanche.

Emmanuelle Cosse aussi dans le viseur

Ayant choisi de rester en dehors du gouvernement, il pourra se consacrer à un projet plus ambitieux, celui de lancer un mouvement écologiste d’envergure, en vue de la présidentielle de 2017. Ces dernières semaines, il a multiplié les échanges et les rencontres (Emmanuelle Cosse, Annick Girardin, Cécile Duflot…). Il prend la température et refuse d’évoquer la primaire. S’il décide de se présenter ce sera pour rassembler «au-delà des clivages».

Après le refus de Nicolas Hulot, les regards se tournent, désormais, vers la secrétaire nationale de EE-LV, Emmanuelle Cosse. Elle est dans les petits papiers du Président. Elle a rencontré Manuel Valls à plusieurs reprises depuis le mois de décembre. Cosse ne ferme pas totalement la porte. Reste à connaître les conditions : ce n’est pas certain qu’elle puisse bénéficier du même traitement que Nicolas Hulot. Autre souci pour la première secrétaire nationale : elle a besoin de l’accord de son parti pour rejoindre le gouvernement. Or la ligne est coupée entre la base du parti et le gouvernement. Les promesses oubliées du Président coûtent cher. Elle devra quitter son poste et son parti si elle veut s’installer dans un ministère.

Cette fois, comme lors des derniers remaniements, le retour des écologistes risque encore de tomber à l’eau. Si ce n’est les anciens de EE-LV : Barbara Pompili, François de Rugy et Jean-Vincent Placé. Mais ce n’est pas l’un des trois qui pourra empêcher une candidature écolo en 2017 ni bouleverser les Français. François Hollande et les écologistes au gouvernement, une histoire dans fin.

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