Pourquoi il faut nuancer les chiffres sur la radicalisation en France

Nuancer ou magouiller les chiffres ??

Selon des chiffres dévoilés par Le Figaro, le nombre de Français signalés comme « radicalisés » a doublé en moins d’un an. Il est toutefois hâtif d’y voir une « explosion » du phénomène tant la définition est floue et la comptabilisation récente.

Ils viennent des quatre coins de la France mais surtout des grandes villes, sont majoritairement de sexe masculin et « inquiètent » les autorités. Au 28 janvier 2016, 8250 personnes ont été signalées comme radicalisées « par leur entourage ou par les services de l’Etat », selon un bilan de l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat) dévoilé ce mercredi par Le Figaro. Soit deux fois plus que les 4015 individus recensés en mars 2015, il y a moins d’un an.

Cette « poussée de fièvre », selon les termes utilisés par le quotidien, concerne l’ensemble des départements français mais touche particulièrement l’Île-de-France, le Nord, la Haute-Garonne et les Alpes-Maritimes. Sur le total, 30% sont des femmes et 20% des mineurs. Sans minimiser le phénomène, les chiffres sont toutefois présentés de manière alarmante.
Une définition vaste du « radicalisé »

Comme le souligne Laurent Borredon, spécialiste de ces questions au Monde, la définition même de « radicalisé » est sujette à interprétation. D’autant qu’il s’agit là de signalements déclaratifs et pas systématiquement de cas qui ont donné lieu à une procédure judiciaire. Des erreurs d’analyse sont possibles. Le Figaro explique que sont fichées les personnes qui affichent « un présumé repli identitaire », « une hostilité aux institutions » ou font « l’apologie du terrorisme ».

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