Des lieux de culte chrétiens et musulmans détruits dans la «jungle» de Calais

Après un arrêté préfectoral du 19 janvier, les bulldozers ont rasé ce lundi matin une église et une mosquée de fortune qui se trouvaient dans une zone qui sera déboisée afin de prévenir les assauts de migrants. Les associations d’aide aux migrants s’insurgent.

Les P ont rasé ce lundi matin deux lieux de culte dans la «jungle» de Calais. Depuis bientôt deux semaines, les engins de chantier sont en effet à pied d’œuvre dans ce camp de migrants afin de créer une bande d’une centaine de mètres déboisée. La création de ce «no man’s land», selon le président de l’association L’auberge des migrants, Christian Salomé, a été prise par un arrêté préfectoral du 19 janvier dernier mais, selon la préfecture, les migrants étaient au courant de ces travaux depuis le 8 janvier. Ce lundi matin, des engins de chantier ont ainsi rasé un bâtiment qui abritait une mosquée, ainsi qu’un autre où siégeait une église évangélique parce qu’ils se trouvaient au cœur de cette zone de sécurité.

D’après la préfecture du Pas-de-Calais jointe par Le Figaro, les deux édifices religieux étaient abandonnés depuis la publication de l’arrêté préfectoral qui menaçait les migrants récalcitrants de se voir évacués «si nécessaire avec le concours de la force publique». «L’opération qui a eu lieu au lever du jour s’est faite dans le plus grand calme. Il y a d’autres bâtiments religieux dans le camp, et l’alternative que nous avons proposée a séduit la majorité des réfugiés», a précisé la préfecture. Les 700 migrants qui vivaient ou disposaient d’un «commerce» dans cette bande de cent mètres de largeur sont en effet prioritaires pour être accueillis dans le Centre d’accueil provisoire (CAP) mis en place le 11 janvier dernier. Il s’agit d’un camp en dur de conteneurs chauffés où «les migrants sont au chaud, disposent d’un lit, et peuvent profiter d’un petit-déjeuner tous les matins», précise encore la préfecture.

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