Après les débordements de Calais : entre extrême-gauche et extrême-droite, la plus grande menace pour l’ordre public est-elle celle que l’on croit ?

Alain Bauer : Comme les Black Blocks, les No Borders sont un réseau politique anticapitaliste et anti frontières. Ce sont des militants déterminés et décentralisés qui fonctionnent depuis le début 2000 et qui se sont développés dans le monde entier. On ne note pas de structures ni d’investissements mais le mouvement s’inscrit dans une nébuleuse qui va des manifestations antiG7 ou 8 ou 20, anti COP, anti institutions, etc…. Le mouvement de Calais est le plus ancien et le plus structuré puisque les premières opérations des No Borders datent de 2009 (Calais Migrant Solidarité).

Christophe Naudin : Les mouvements anarchistes et nihilistes sont pluriels même s’ils partagent des valeurs communes : celles de vouloir anéantir la société occidentale dans l’espoir de bâtir un monde alternatif… Les no-borders sont opposés au concept de frontières. Pourquoi pas. Mais est-ce réaliste ? Pilotés par l’extrême gauche, voir l’Ultra-Gauche, ils sont persuadés d’être une minorité éclairée qui détient nécessairement raison et vérité. A contrario, le peuple est dans l’erreur et les politiques entretiennent ce manque de discernement. José Bové, pourtant député européen écologiste, ancien condamné multirécidiviste, appelle à la désobéissance et n’hésite pas à menacer le président de la république de troubles à l’ordre public parce qu’une minorité militante conteste une décision de justice prise par le TGI de Nantes. Pour les no-borders, les frontières doivent être supprimées. Utopie géniale irréalisable, car les droits dont bénéficient les militants et aussi les étrangers qu’ils défendent, ont besoin de limites pour s’exercer. Pas grave, le mode opératoire est toujours de provoquer une rupture auprès des forces de l’ordre en les débordant, ou de détruire les symboles (grillage, mûrs, portes, matériels de contrôle, etc.). A chaque fois, des centaines de milliers d’Euros de dégâts que seule la collectivité assume, parce que la justice bienveillante, veille à ce que ces actions soient requalifiées en acte de première nécessité, non sanctionnables en droit.

En fait, le dispositif intellectuel n’est pas si différent de celui des islamistes djihadistes. Manipulation mentale, déconstruction psychologique sont les ressorts les plus marquants de la stratégie des no-borders. Quant au financement, il est totalement occulte. Les cotisations des membres sont symboliques et insuffisantes. Beaucoup de ces mouvements usent du « street fund-raising », un système de donation anonyme de rue, qui ne permet évidemment aucune traçabilité des donateurs ou de l’argent récolté. Bien pratique…

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