Accident de Brétigny : la SNCF a-t-elle voulu « manipuler l’enquête » en briefant ses employés ?

Drame de Brétigny : les victimes dénoncent les «mensonges» de la SNCF

Des avocats de victimes de la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge (Essonne), qui a fait sept morts en juillet 2013, dénoncent ce mercredi les «mensonges» de la SNCF, qui aurait, selon un article du Le Canard enchaîné, voulu «manipuler l’enquête» en briefant ses employés.

«Ne pas transmettre les éléments demandés, déjà, ça paraît très limite. Mais là, on tombe dans les mensonges et dans l’obstruction», a affirmé Me Marie-Laure Ingouf, avocate d’une partie civile, qui n’a cependant pas eu directement accès aux procès verbaux évoqués dans l’article.

Le Canard enchaîné, qui dit se baser sur de «nombreuses pièces de l’enquête», révèle que des dirigeants de la SNCF ont été placés sur écoute par les juges. Des écoutes qui mettraient en évidence «un double langage» de la part de certains témoins. Tel ce cadre qui déclare dans une conversation interceptée: «Brétigny, c’est des crevards. Faut tous les foutre dehors!», mais qui assure ensuite aux juges ne pas savoir si les travaux de maintenance y sont correctement menés.

L’ensemble des rapports d’expertise concluent qu’un défaut de maintenance sur les voies est à l’origine du déraillement à Brétigny du train Paris-Limoges, survenu le 12 juillet 2013, qui a fait sept morts et des dizaines de blessés. Depuis l’ouverture d’une information judiciaire par le parquet d’Evry, seules deux personnes morales ont été mises en examen, la SNCF et Réseau ferré de France (RFF), pour homicides et blessures involontaires. Trois cheminots de la SNCF ont par ailleurs été placés sous le statut de témoin assisté.

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