L’Europe se prépare au retour généralisé des contrôles aux frontières

Les ministres européens de l’Intérieur étaient réunis lundi à Amsterdam pour évoquer la crise migratoire et la lutte contre le terrorisme.

La Grèce, incapable d’enregistrer les réfugiés qui se bousculent à sa porte, se rapproche de la mise en quarantaine. Mais elle jouit encore d’un sursis: la France et l’Allemagne sont prêtes à accorder quelques semaines de plus pour sauver l’intégrité de l’espace Schengen, et permettre à l’UE de reprendre enfin le contrôle de sa frontière en mer Égée.

Les ministres européens de l’Intérieur, réunis lundi à Amsterdam, ont demandé à la Commission Juncker de préparer le cadre juridique qui permettrait de maintenir, jusqu’à la fin 2017 si nécessaire, les contrôles frontaliers rétablis par sept pays de l’espace Schengen, dont la France et l’Allemagne. Pour que cette disposition – dite de l’article 26 – soit appliquée, les Vingt-Huit doivent formellement constater des «insuffisances graves et persistantes» sur la frontière externe de l’UE. Le constat s’appliquerait bien sûr à la Grèce. Mais il reviendrait à la soustraire officiellement de l’espace de libre circulation. Un échec politique de plus pour l’Europe tout entière.

Avec ses collègues venus à Amsterdam, le Français Bernard Cazeneuve a mis la pression sur Athènes, fermement invitée à faire plus pour contrôler l’exode et enregistrer individuellement les nouveaux arrivants. Mais comme l’Allemand Thomas de Maizière, il s’est refusé à tirer sans attendre un trait sur le maintien de la Grèce dans l’espace Schengen. Depuis l’été, l’UE aide Athènes à faire face, financièrement ainsi que par l’envoi d’experts et de matériels. Sur les cinq centres d’enregistrement (hotspots) que la Grèce était censée mettre en place, un seul est aujourd’hui opérationnel. «Il faut sauver Schengen, soutient le ministre de l’Intérieur, la dynamique doit rester positive. Certes, nous avons besoin de contrôles approfondis à la frontière externe de l’UE, pour des raisons de sécurité. La France et l’Allemagne sont d’accord là-dessus. Nous attendons des propositions d’ici la fin de février. Si la volonté (des Grecs et des autres Européens) est insuffisante, alors certains d’entre nous en tireront les conclusions.»

 

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